Thomas Bernhard - Au but



Thomas Bernhard - Au but



Thomas Bernhard - Au but


mais quand nous sommes arrivés au but
tout se renverse

Chaque année, à la même date, à la même heure, par le même train, la Mère et la Fille partent au bord de la mer passer l’été dans la maison familiale. La fille prépare les mêmes bagages, la mère ressasse les mêmes souvenirs.
Cette année-là, un jeune auteur dramatique à succès a été invité. L’intrusion de l’auteur tourne à l’interview – une interview où la Mère fait les questions et les réponses.

Sauve qui peut ou tout est bien qui finit bien ?

Dans la première partie de la pièce, on voit une mère et sa fille qui, brusquement, comme l’écrit si volontiers Thomas Bernhard (plötzlich est chez lui un mot récurrent) sont sorties de leurs habitudes et de leurs rituels parce qu’elles ont vu cette fameuse pièce Sauve qui peut et que, semble-t-il, elle les a profondément touchées.

Touchées l’une et l’autre et d’une telle façon qu’il devient nécessaire de réexaminer l’histoire et l’actualité de ce sur quoi reposent les habitudes et les rituels qui leur ont permis de vivre (survivre ?) jusqu’ici, réexamen de toutes les habitudes y compris celle d’aller au théâtre.

C’est un examen si implacable et si désastreux qu’il ne semble pouvoir s’achever qu’après que tout a été détruit. En ce sens, la première partie de Au but forme à elle seule une première pièce qu’il ne serait pas illégitime d’appeler Sauve qui peut ou, à la rigueur,Tout est bien qui finit bien, mais comme on peut le dire à la fin du conte d’Andersen, La Petite Fille aux allumettes, quand on convient que la mort devient la seule fin heureuse possible.

Le procédé théâtral utilisé par Thomas Bernhard est très troublant. En effet, le spectateur après avoir vu la première partie de Au but se retrouve pratiquement dans la même situation que les personnages au début de la pièce, ce qui pourrait bien produire chez lui une tendance à réexaminer sa raison d’être là où il est, à cet instant, en train de regarder ou de subir, contrairement à toute attente dans un tel théâtre qui n’arrête pas de se citer et de se décliner dans l’outrance de toutes ses formes, un effet de réalité qui serait bien l’envers exact du théâtre dans le théâtre.

C’est un effet très surprenant et si fort que n’importe quel dramaturge s’en contenterait et ne jugerait pas nécessaire de donner une suite à une telle première partie. Mais c’est précisément à ce point, peut-être quand il touche au but, que Thomas Bernhard choisit de faire que tout se renverse pour devenir l’auteur dramatique qu’il est, unique et terriblement conséquent, qui écrit la deuxième partie de Au but, celle qui éclaire enfin la première partie mais, faut-il le dire, avec la seule lumière qui reste quand on se tient au cœur des ténèbres.


Thomas Bernhard - Au but


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